Le climat change… ici aussi
Le dérèglement climatique est une réalité mondiale, mais il se manifeste déjà en Centre Ouest Bretagne. Hausse des températures, vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses plus marquées ou encore évolution des saisons : les observations montrent que notre territoire est déjà concerné.
Afin de mieux comprendre ces évolutions et d’anticiper leurs conséquences, le Pays Centre Ouest Bretagne a réalisé un diagnostic climatique territorial dans le cadre du programme Hin’COB.
Comment ce diagnostic a-t-il été réalisé ?
Le diagnostic repose sur le croisement de données scientifiques, d’expertises locales et de la perception des habitants afin de disposer d’une vision la plus complète possible du climat du territoire.
Une analyse scientifique du climat
L’étude s’appuie sur plus de 70 années de données météorologiques issues des stations de Rostrenen, Brennilis, Coray et Guiscriff.
Les analyses portent sur les principaux paramètres du climat :
- les températures ;
- les précipitations ;
- l’évapotranspiration (les besoins en eau de l’atmosphère) ;
- l’humidité des sols.

Les observations ont été complétées par :
- les données du modèle SIM (SAFRAN-ISBA-MODCOU) ;
- les projections climatiques DRIAS de Météo-France, permettant d’estimer les évolutions possibles du climat à l’horizon 2050 et 2100.
Toutes les séries utilisées répondent à des critères garantissant la robustesse des analyses (ancienneté des observations, continuité des mesures et homogénéité statistique).
Des connaissance de terrain
Le diagnostic ne repose pas uniquement sur les données climatiques.
18 spécialistes du territoire (élus, techniciens, chercheurs, agriculteurs, gestionnaires de l’eau, professionnels de santé…) ont partagé leurs observations afin d’identifier les principales vulnérabilités du Centre Ouest Bretagne.
Une enquête auprès des habitants est venue compléter cette analyse afin de mieux comprendre les effets déjà perçus du dérèglement climatique sur le quotidien.
Cette approche permet de croiser les connaissances scientifiques avec l’expérience des acteurs du territoire.
Les principaux enseignements
Le territoire se réchauffe
Les observations montrent une augmentation progressive des températures depuis plusieurs décennies.
À Rostrenen, la température moyenne annuelle a déjà augmenté d’environ +1 °C depuis 1960. Les projections climatiques indiquent qu’elle pourrait atteindre près de +3,5 °C d’ici 2100 dans le scénario d’émissions le plus élevé.

Cette hausse se traduit par des étés plus longs et plus chauds.
Le nombre de journées où la température dépasse 25 °C est passé d’environ 10 jours par an dans les années 1960 à près de 19 jours aujourd’hui. D’ici la fin du siècle, le territoire pourrait connaître 32 à 55 journées chaudes par an, avec plus de 80 journées estivales lors des années les plus extrêmes.
Des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes
Les épisodes de chaleur exceptionnelle deviennent plus nombreux et plus intenses. Après les années marquantes de 1976 et 2003, le record absolu a été enregistré en juillet 2022, avec 39,3 °C à Rostrenen. Aujourd’hui, le territoire connaît généralement 0 à 4 jours de vagues de chaleur chaque année. À l’horizon 2100, ce nombre pourrait atteindre 20 à 54 jours, voire près de trois mois lors des années les plus extrêmes. Ces évolutions auront des conséquences importantes sur la santé, les conditions de travail, les activités agricoles et les milieux naturels.

Une ressource en eau de plus en plus fragile
Contrairement aux idées reçues, le défi ne réside pas dans la quantité annuelle de pluie. Les précipitations ont même légèrement augmenté depuis 1960 (+8 à +13 % selon les stations), mais elles deviennent plus irrégulières, alternant épisodes très pluvieux et longues périodes sèches.

Dans le même temps, la hausse des températures augmente fortement l’évapotranspiration :
- +5 % à Coray ;
- +6 % à Brennilis ;
- +11,5 % à Guiscriff ;
- +15,5 % à Rostrenen.
Cela représente 40 à 100 mm d’eau supplémentaires évaporés chaque année.
Conséquence : les sécheresses deviennent plus fréquentes. Autrefois observés tous les 10 à 20 ans, les épisodes majeurs pourraient devenir quasi quinquennaux d’ici la fin du siècle.
Des saisons qui se décalent
Le dérèglement climatique modifie également le rythme de la nature.
La période de croissance de la végétation débute désormais 17 jours plus tôt au printemps et se prolonge une dizaine de jours supplémentaires à l’automne.
Dans le même temps, le nombre de jours de gel diminue d’environ 10 jours par an, même si les gelées tardives continuent de représenter un risque pour certaines cultures.
Ces évolutions modifient les cycles de la faune et de la flore et accentuent la vulnérabilité des écosystèmes.

Quels impacts pour le Centre Ouest Bretagne ?
Ces évolutions climatiques concernent directement le territoire.
Elles renforcent les tensions sur la ressource en eau, fragilisent les milieux naturels, modifient les conditions de production agricole et augmentent les risques pour la santé des habitants, notamment lors des épisodes de fortes chaleurs.
Les infrastructures, les bâtiments, les activités économiques et les services publics devront également s’adapter à ces nouvelles conditions climatiques.
Comprendre ces évolutions constitue une étape indispensable pour construire des solutions adaptées aux réalités du Centre Ouest Bretagne.

Pour aller plus loin
Le diagnostic climatique complet présente en détail les méthodes employées, les analyses réalisées et les projections climatiques à l’horizon 2050 et 2100.
Vous pouvez également découvrir :
- la synthèse du diagnostic climatique ;
- les résultats de l’enquête de perception des habitants ;
- les travaux des ateliers de l’adaptation (ADACC) ;
- la feuille de route d’adaptation du territoire.